CR – Ironman 70.3 d’Aix en Provence 2017

 Dimanche dernier je me suis aligné sur l’Ironman 70.3 Pays d’Aix (pour rappel les distances: 1,9km de natation, 90km à vélo et 21.1km à pied, soit la moitié d’un Ironman complet). Il s’agissait (déjà!) de ma dernière compétition avant Roth, à 8 semaines de l’échéance. Compte-rendu !

Veille de course

Le week-end débute avec un départ le samedi matin de Lyon pour un trajet d’environ 3h de voiture jusqu’à Aix-en-Provence. Je suis pour l’occasion accompagné de ma femme. Arrivés à Aix vers 10h30, nous nous garons dans le centre-ville, à proximité de l’aire « Ironman ».

Je pars retirer mon dossard : licence, waiver, carte d’identité… tout est bon ! Je reçois l’enveloppe contenant dossard, puce, autocollants. Evidemment la zone de « check-in » a été placée de manière à « inviter » les concurrents à passer par le stand de merchandising Ironman… Je reste cependant assez sage puisque je m’achète juste un verre avec la mention « Ironman 70.3 Pays d’Aix » en guise de souvenir – ça aurait pu être pire ! La zone est remplie de monde et mine de rien le temps défile.

Contrairement à Lyon, ici le beau temps est au rendez-vous ! Nous en profitons pour nous installer sur une terrasse pour déjeuner. Ce n’est qu’à la fin du repas que je me rendrai compte que j’ai complètement oublié d’aller assister au briefing de course pour lequel je m’étais inscrit… Pas dramatique mais une bonne leçon pour le futur – sur les gros événements, je me préparerai désormais un petit programme.

Sur cette épreuve, les deux zones de transition sont distinctes. La T2 se trouve en centre-ville tandis que la T1 se trouve au Lac de Peyrolles, à une vingtaine de kilomètres de la ville. Je retourne donc à la voiture préparer mon sac de T1 que je dépose en zone de transition.

Nous partons ensuite en direction de Peyrolles. Sans que l’on sache trop pourquoi, le gps nous plante et nous mettrons donc une bonne heure à arriver à la zone de départ / T1. Je passe encore une petite heure à assembler mon vélo, le tester, préparer mon sac pour la T2 et déposer vélo et sac.

Je m’aperçois à cette occasion que j’ai sorti une cartouche de gaz de ma sacoche de réparation sans l’y remettre… la boulette, en cas de crevaison, je n’ai rien pour regonfler ! Heureusement que je m’en suis aperçu, j’irai en acheter une ce soir et la mettrai dans ma sacoche le lendemain matin.

Je croise dans le parc à vélo un pote de l’ASVEL triathlon avec qui je discute quelques minutes avant d’aller jeter un coup d’œil à ce fameux Lac de peyrolle où se déroulera la natation.

Il est ensuite temps de rentrer à Aix; direction l’hôtel, sans oublier un petit passage par Décathlon pour cette foutue cartouche. Il est déjà 18h ! J’avais pour ma part prévu d’avoir tout bouclé vers 14 ou 15h… une autre bonne leçon pour Roth où les zones de transition seront également distinctes. Ce half est décidément plein d’enseignements avant même le départ.

Ce n’est d’ailleurs pas fini puisque je m’aperçois que si j’ai bien mis une paire de chaussettes de secours dans mon sac de transition bike / run, j’ai oublié de mettre mes chaussettes dans le sac swim / bike… qui n’est en principe plus accessible le lendemain. Je me rassure en me disant qu’à Vichy, les sacs étaient restés accessibles malgré la même règle et qu’au pire, je laisserai les chaussettes sur le vélo. Autre note pour le futur: avoir une check-list sac par sac et pas seulement pour le tri en entier.

Après un repas rapide en ville dans un sympathique petit restau, nous retournons à l’hôtel. Rasage de jambes, collage des traditionnels tattoos Ironman, j’éteins la lumière à 22h.

L’avant-course

Réveil à 4h45 pour le grand jour ! Je m’extirpe en silence de la chambre, Madame fait la grasse mat’ et me rejoindra à Aix à la T2, vu l’organisation de la course c’est le plus facile. L’hôtel propose exceptionnellement de prendre le petit-déjeuner à partir de 5h aujourd’hui, du coup pas besoin d’avaler le plat de pâtes que j’avais amené en réserve. Je prends un petit-déjeuner assez léger pour ne pas avoir à digérer durant l’épreuve : pain avec du jambon et de la confiture, compote, thé.

Après un petit trajet pour rejoindre le centre-ville, je monte dans l’une des navettes affrétées par l’organisation. Horaire matinal ou stress d’avant-course je ne sais pas, mais tout le monde est silencieux, même lorsque notre chauffeur de bus arrive à se tromper de chemin.

Nous arrivons au parc à vélo vers 6h15.

Ouf, comme je l’espérais, l’accès aux sacs T1 est toujours possible : j’en profite pour y glisser ma précieuse paire de chaussettes. Une fois à mon vélo, je range les cartouches d’air dans ma sacoche de réparation. Voilà, j’ai réparé mes deux oublis de la veille, je peux maintenant me préparer sereinement.

Gonflage des pneus, scotchage des gels et du profil vélo sur le cadre… je fais cette fois bien attention à ne rien oublier.

Je croise les autres membres de l’ASVEL présents sur l’épreuve. On papote, ça aide à faire passer le temps et à se détendre ! Vers 7h, petit tour aux toilettes et l’heure est déjà venue d’aller barboter puisque l’échauffement sera fermé à 7h20. L’eau est à 17°C – frais mais pas trop froid !

Après un petit quart d’heure, les arbitres nous font sortir de l’eau. L’heure est venue de se placer dans le sas de départ. Je me place dans le sas 36/37 minutes, un objectif réaliste vu mes performances en piscine. L’orga a privilégié un « rolling start » avec 6 concurrents qui peuvent s’élancer toutes les 8 secondes. Le but est de fluidifier le départ en évitant la bataille des premières centaines de mètres. C’est pour ma part la première fois que j’expérimente ce type de départ, je trouve que l’on perd un peu l’esprit « tri » en abandonnant le mass start.

Les pros s’élancent à 7h30, suivis quelques minutes plus tard par les nageurs « Groupe d’Age » les plus rapides. La file avance assez vite et je me retrouve rapidement au premier rang, uniquement bloqué par un volontaire.

Natation

Bip, bip, biiiiiiip… c’est parti ! Je cours prudemment sur « la plage » (pas de sable fin ici…) avant de me jeter à l’eau. Je ne ressens quasiment aucune sensation de froid. Dès les premiers mètres j’arrive à poser ma nage très proprement. Moi qui était sceptique quant au rolling start, j’avoue que je suis conquis… même si au bout d’une minute, je me retrouve coincé entre deux autres nageurs sur quelques dizaines de mètres ! Sérieusement, il y a plein de place autour de nous, la première bouée est à au moins 200 ou 300m et nous sommes trois au coude à coude… les boules!

Je me sens super bien dans l’eau, la température est vraiment parfaite. Je me rends compte que je ne mets quasiment pas de jambes du tout, j’essaie alors d’en mettre un peu plus histoire de ne pas m’endormir. J’essaie aussi de penser à ma technique de nage : ne pas trop enfoncer la tête sous l’eau, ne pas croiser le bras droit devant la tête…

La natation consiste en une sorte de « U » inversé dont l’aller est légèrement plus long que le retour, il doit y avoir un tout petit peu plus d’un kilomètre. La première ligne droite est donc très longue mais je ne ressens pas d’impatience, je suis serein, bien placé à la corde. Le passage des deux bouées de la courbe du « U » se passe très bien, pas de coups échangés.

Au retour, je fais bien attention à m’orienter par rapport aux bouées les plus lointaines car passer au plus près des bouées les plus proches rallonge en fait le parcours. Le doute est cependant présent car je nage un peu seul, beaucoup de concurrent sont situés bien plus proches des autres bouées que moi. Au final ma montre aura mesuré une distance de 1943m, je pense donc n’avoir pas été trop mauvais au niveau orientation.

L’arche de sortie de l’eau est maintenant visible, la fin approche. Les muscles des bras et du dos tirent un peu, je pense à bien battre des jambes avant de sortir… ça y est, j’ai pied, je me relève, c’en est fini pour la natation avec un temps de 33’32’’ (414/1726). C’est complètement inattendu, la journée commence bien, je m’enflamme un peu devant les photographes 😉

T1

Comme je l’ai vu la veille, la distance entre la sortie de l’eau et le parc est longue, environ 500m je pense. Pas question de lambiner, je mets du rythme et reprends bien 7/8 autres concurrents avant d’arriver au niveau des sacs T1.

Je sors toutes mes affaires de vélo avant d’y enfourner mes affaires de natation ainsi que les petites choses dont je n’aurai finalement pas besoin comme mes manchettes. Il n’est que 8h30 du matin mais le soleil brille déjà – si je risque d’avoir froid pendant une petite demi-heure, je suis certain qu’il va faire très chaud sur le parcours.

Je balance mon sac dans la zone « drop off » et pars récupérer mon vélo. Je perds une toute petit poignée de secondes en allant une rangée trop loin, je m’empare de ma monture, encore 200m à pied et hop, j’enfourche la bête ! Après 5’36’’ de transition, c’est parti pour 90km à travers la Provence.

Vélo

Comme je le répète lors de chaque post, le vélo, c’est mon point faible ! Le but, c’est donc de résister au max. Pour cette épreuve qui reste une course de préparation, j’ai donc décidé de mettre la prudence de côté pour le vélo et d’appuyer fort sur les pédales quitte à y laisser quelques plumes en course à pied. On verra si ça passe ou ça casse mais en tout cas, ça fera toujours une belle séance d’entraînement de 90km pour 1200m de D+.

Les premiers kilomètres constituent une bonne mise en route avec plusieurs faux plats montants avant de bifurquer vers les collines. Je double un peu, je me fais un peu doubler… bref, je m’en sors pas trop mal. Les premières petites bosses me montrent que les jambes sont là et si je me fais reprendre sur le plat, ça arrive beaucoup moins dès que la route s’élève.

Un peu après le kilomètre 25, c’est parti pour une petite descente et une bonne section en faux plat descendant sur une quinzaine de kilomètres. Les sensations sur le faux-plat sont vraiment excellentes, je me mets sur les prolongateurs, je suis à plus de 40km/h, le paysage est superbe… c’est le pied ! Seul ombre au tableau, les mecs qui me dépassent sur leurs machines de guerre aérodynamiques avec roues pleines, etc, etc… c’est le jeu !

Des kilomètres 40 au 65, le parcours enchaîne les bosses et les descentes, un terrain de jeu vraiment plaisant. Le soleil est là et la température est juste parfaite. Niveau nutrition, je sens que je suis un peu limite et que mon corps aimerait bien que je me nourrisse un peu plus. Une leçon à retenir pour plus tard, le petit déjeuner a été trop léger, tout comme l’alimentation en début de course. J’essaie d’attraper un gel au ravito suivant, sans succès. Heureusement je devrais avoir assez entre ce que j’ai scotché au cadre et ce que j’ai dans mes poches… mais ça va être juste…

Kilomètre 67, un panneau marque le début de la principale difficulté du jour, le Col du Cengle. La première rampe est hardos, à plus de 10%. Les gros gabarits sont scotchés au bitume… même si je n’en mène quand même pas large, je m’en sors pas trop mal. L’ascension est par la suite plus facile et elle est en plus assez courte, moins de 5km. Je passe le sommet après un peu moins d’un quart d’heure d’ascension.

Il ne reste alors qu’à foncer vers Aix, une grande descente entrecoupée de quelques petites bosses ou petit faux-plats montants sans grande importance. L’entrée dans la ville est top, la signalisation et la gestion du traffic par la police et les volontaires est parfaite. J’en profite pour avaler mon dernier gel. Quelques centaines de mètres avant d’atteindre le parc à vélo, le parcours vélo longe le parcours de course à pied… et là c’est le choc! Le parcours de CAP est noir de monde… je pensais avoir bien géré le vélo et pas perdu trop de places mais ce que je vois me laisse penser le contraire, je prends un petit coup au moral, j’ai l’impression d’être loin… j’en finis en 2h56’32 » (614/1726).

T2

Pas le temps de cogiter, la T2 est là, avec un système un peu différent de celui que je connais. Pas d’emplacement désigné ici, des volontaires se saisissent de mon vélo afin de le ranger. Je cours les quelques centaines de mètres qui me séparent de la Place de la Rotonde, le bruit de la foule et des speakers monte !

Je suis encore une fois parfaitement guidé par les volontaires et trouve mon sac rapidement. Changement de chaussures, je pose le sac, un petit coup de crème solaire, un gel dans la poche et je me lance sur le circuit de course à pied après 2’57’’ de transition.

Course à pied

Comme toujours, je suis content que le vélo soit fini et j’attaque la CAP avec beaucoup d’entrain. Un peu trop même puisqu’après 500m je jette un coup d’œil à la montre… pour m’apercevoir que je suis aux alentours de 15km/h… Bon, là il faut mieux que je me calme un peu sinon c’est l’explosion rapide assurée. J’essaie de prendre un rythme qui me situe autour de 165bpm… pas facile j’ai envie d’aller plus vite!

Le semi est constitué de 3 boucles d’un peu plus de 6,5km pour un dénivelé total de 200m. 200m, ça n’a pas l’air beaucoup lorsque l’on regarde le tracé mais une fois en course, ça fait bizarre, ça n’arrête pas de monter et de descendre. Pas facile – l’envie d’aller vite me passe assez rapidement!

L’ambiance est cependant top, beaucoup de monde, des volontaires motivés et énergiques. Je boucle le premier tour en 31’35’’ avec une « pause technique » d’une bonne minute au milieu. Lors du deuxième tour, une gêne apparait sous mon pied droit. C’est une petite gêne que j’ai déjà ressenti à l’entraînement, à la jonction du pouce et de la voute plantaire. Est-ce la fatigue ou autre chose, je ne sais pas, mais la gêne se transforme vite en douleur. J’essaie de faire de petits mouvements d’assouplissement des orteils afin de détendre tout ça mais ça ne passe pas. Les kilomètres défilent, la fatigue s’accumule, les jambes commencent à faire mal. Je boucle le second tour en environ 32’.

Le dernier tour est bien sûr le plus difficile. Je n’ai plus le jus pour accélérer, je sens que je ne suis plus très loin des crampes… mais c’est bien cette gêne sous le pied qui me dérange le plus. Alors que je passe d’habitude mon temps à estimer et calculer mon temps d’arrivée, je me suis cette fois complètement décroché du chrono. A l’entame de ce dernier tout, je calcule tout de même que sauf défaillance, je devrais réussir à passer sous les 5h20 au total, ce qui serait une belle progression par rapport au Half de Vichy que j’avais bouclé en 5h35 en 2015. Tout au long de ce dernier tour, je reste concentré: rester détendu, bien boire… Allez, j’attrape un dernier chouchou et je peux enfin bifurquer vers le tapis rouge et l’aire d’arrivée.

Les 100 derniers mètres sont bien sûr toujours particuliers : beaucoup de monde, beaucoup d’encouragements, la musique à fond… ça fait plaisir! Je boucle ce dernier tour en un peu plus de 34 minutes, soit un total de 1h37’19’’ (337/1726) pour un peu plus de 19,5km (je pense que les distances parcourues lors des transitions sont à rajouter afin d’arriver à la distance théorique exacte du semi).

Conclusion

J’arrête le chrono ; temps total : 5h15’55, classé 442/1726 au scratch !

Une course bien menée, même si je termine plus entamé que ce à quoi je m’attendais. Je gagne presque 20 minutes sur la distance en 2 ans (comparaison avec le Half de Vichy en 2015), avec un parcours plus compliqué ici à Aix-en-Provence. Bien que cela ne soit pas mon objectif principal cette année, je ressens une petite bouffée de satisfaction – j’ai quand même parcouru pas mal de chemin depuis 2 ans. Rejoindre un club de triathlon, ça aide quand même pas mal! Je reçois ma médaille et mon tee-shirt de finisher.

Je repense quasi-immédiatement à Roth en me disant que ça ne va pas être facile : je suis vraiment cuit, je m’imagine mal devoir repartir pour refaire la même chose. Heureusement il me reste 8 semaines d’entraînement pour continuer à aligner les kilomètres… et ceci dès la semaine prochaine, avec la Cyclo du Tour du Léman, 176km entre la France et la Suisse !

 

4 thoughts on “CR – Ironman 70.3 d’Aix en Provence 2017

    1. Merci bonhomme! J’espère que l’on aura l’occasion de refaire un triathlon ensemble comme à Vichy (sur un format plus court peut-être?)!

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